Sneaker : histoire d’une basket

En toile, en cuir, montante, basse, sobre, bariolée… La sneaker, ou “basket”, en anglais, s’est imposée depuis 30 ans comme la chaussure de référence de toute une génération et des célébrités du sport et du show business. Aujourd’hui, tout le monde marche en sneaker : en ville, au bureau, dans des soirées mondaines, et plus seulement pour faire du sport. Pourquoi un tel engouement pour cette chaussure? Généalogie d’un succès international, intergénérationnel et interculturel.

Fonctionnelle avant tout…

Tout commence en 1898, où la Canddle Manufacturing Co de New Haven (USA) fabrique, avec les mêmes techniques de vulcanisation que celles utilisées pour la réalisation du pneu Goodyear, des chaussures de sport, avec une semelle en caoutchouc. Chaque sport va dès lors, en partenariat avec un fabricant, pouvoir élaborer “sa” chaussure, répondant à des exigences spécifiques. Pour la course, c’est William Foster, et sa célèbre Reebok, qui lance, en 1890, ses premières chaussures à pointe.
Citons également, toujours pour la course à pied, Arthur Hall, qui, en 1906, crée New Balance, un modèle de chaussure qui soutient la voute plantaire.
Le basket n’est pas non plus en reste, puisqu’en 1908, le Marquis de Converse donne naissance aux baskets du même nom, après s’être tordu la cheville en s’adonnant à la pratique de son sport préféré. Il privilégie ainsi le confort en créant des chaussures montantes, pour bien soutenir la cheville pendant l’effort. Le tennis, en 1936, possède sa marque : Spring Court, fondée par Georges Grimmeisen.
En 1948, deux frères allemands, Adi et Rodolphe Dasler, à l’origine fabriquants de pantoufles, se disputent violemment. Ils décident de créer chacun leur propre marque de basket. C’est ainsi que naissent les deux marques emblématiques du sport, toutes disciplines confondues : Puma et Adidas.
Enfin, en 1979, Philip Knight et Bill Bowerman provoquent une véritable révolution dans la chaussure de sport en créant la légendaire basket à “coussin d’air” : la “Nike Air”.

Du sport à la rue, il n’y a qu’un pas

Grand bouleversement dans les années 70 avec l’arrivée de la culture Hip-Hop, dans le Bronks : parmi les “must have” de tous les adeptes de cette pratique, la sneaker arrive en tête de liste. La sneaker change d’aspect et de vocation. Elle n’est plus cantonnée aux stades et aux salles de sport, mais s’impose dans la rue, au bureau, à l’école… Tout le monde, et en particulier les adolescents, portent des sneakers au quotidien. Les adeptes de cette pratique développent leur propre langage, leurs propres codes. Ainsi, ils se livrent à leur propre trade (comprendre “faire des échanges” de sneaker) et pratiquent la legit check, c’est à dire qu’ils vérifient l’authenticité de la chaussure.
Depuis la fulgurante ascension du Hip-Hop, tous les styles de sneakers se sont développés. Nouveaux modèles, modèles “rétros”, rééditions, gammes de couleurs infinies, sobres ou “fashion”… A chaque style sa sneaker.