Durabilité et luxe : un rapport compliqué

Le luxe

Un achat de luxe est rarement la réponse à un besoin réel. Posséder le dernier ensemble ou le dernier sac de marque prestigieuse est un plaisir, non une nécessité. Alors, cet objet luxueux rejoint rapidement tant d’autres dans un coin du dressing. Mais quid de la durabilité du luxe ?

Le luxe : à l’opposé de la durabilité ?

Le luxe, toujours associé à une marque, est synonyme de richesse, d’éclat, de supériorité et d’exclusivité. Un vêtement ou un accessoire proposé par une enseigne de réputation mondiale fait rêver. De nombreuses personnes qui aiment le luxe, achètent plus pour affirmer leur standing que par amour de ce qui est beau. Elles aiment se vanter de leur achat et sans doute qu’elles ne le porteront qu’une seule fois.

Le problème n’est pas le prix élevé du luxe, même s’il dépend de l’enseigne et non de la qualité. Ce qui dérange, c’est que cette robe ou ce sac a nécessité des matières premières pour lesquelles il a fallu dépenser de l’énergie et parfois même sacrifier des animaux et tout ça pour ne servir que si peu. Heureusement, une nouvelle tendance a vu le jour, prouvant que le rapport entre durabilité et luxe n’est pas une utopie

Offrir une seconde vie aux articles de luxe

Comme le prouve l’entreprise française Vestiaire Collective créée en 2009, il est possible d’allier durabilité et luxe. Cette entreprise s’adresse aux passionnés de mode de luxe, prenant les articles dont certains n’ont plus besoin pour les revendre à d’autres. Cette économie circulaire réduit le gaspillage des ressources. D’autres sociétés comme Thrift+ misent sur les dons. Ceux qui donnent des vêtements haut de gamme d’occasion reçoivent un bon d’achat et une partie des bénéfices de la revente est versée à une œuvre.

Des designers, parmi lesquels The R Collective, utilisent d’anciens tissus d’usine, de fournisseurs ou d’ateliers des grandes marques de mode de luxe pour créer leur nouvelle collection. Certains, notamment Stella McCartney, récupèrent de la laine ou du cachemire qui datent ou, même, recyclent des vêtements d’occasion pour en faire des chandails neufs. Ces différentes actions ont pour objectif de développer durablement le secteur de la mode de luxe et les consommateurs de la nouvelle génération aiment ce concept.

Luxe, développement durable et éthique

Récupérer de l’ancien pour faire du neuf ne suffit pour les jeunes consommateurs de luxe, ils veulent aussi que l’éthique soit prise en compte alors que jusque là, fourrure et cuir étaient la quintessence du luxe. Toute marque qui utiliserait encore de la fourrure serait discréditée et d’autant plus vite que la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) et autres associations veillent au respect des droits des animaux.

Ciorgio Armani, Gucci, Calvin Klein, Stella McCartney, Ralph Lauren et plus encore se sont engagés à bannir fourrures et peaux de leurs collections. Pour le groupe du luxe Kering, “Luxe et développement durable ne font qu’un” et ses recherches pour produire un cuir à partir de champignons le prouve. La marque américaine House of Fluff propose, quant à elle, des modèles en fausse fourrure. Selon Cécile Lochard, spécialiste du luxe responsable, il est certain que la durabilité affecte l’industrie du luxe et que les grandes enseignes qui ne se tournent pas vers le luxe durable risquent fort de disparaître.